13 Tichri — Hiloula du Rabbi Maharach
Rabbi Chmouel Schneersohn
1834–1882
Qui était le Rabbi Maharach ?
Rabbi Chmouel Schneersohn, connu sous le nom de Rabbi Maharach, fut le quatrième Rabbi de ‘Habad-Loubavitch.
Il naquit à Loubavitch le 2 Iyar 5594 (1834).
Il était le fils de Rabbi Mena'hem Mendel Schneersohn, le Tséma'h Tsédek, troisième Rabbi de ‘Habad, et de la Rabbanit ‘Haya Mouchka.
Dès son plus jeune âge, il manifesta des capacités remarquables dans l'étude de la Torah et de la ‘Hassidout.
Après la disparition de son père en 1866, Rabbi Chmouel prit la direction de la communauté de Loubavitch.
Il avait alors seulement 32 ans.
Un Rabbi confronté aux bouleversements de son époque
Le Rabbi Maharach vécut à une période particulièrement difficile pour les Juifs de l'Empire russe.
Les communautés juives étaient confrontées à la pauvreté, aux persécutions et aux pressions exercées par les autorités.
Le Rabbi ne resta pas enfermé dans son Beth Hamidrach.
Il entreprit des voyages et intervint auprès de personnalités politiques afin de défendre les intérêts des communautés juives.
Il voyagea également en Europe occidentale, notamment en France et en Allemagne, aussi bien pour des raisons de santé que pour accomplir différentes missions en faveur des Juifs de Russie.
Mais parmi tous ses enseignements, une phrase est devenue indissociable de son nom.
« Lekhathila Ariber »
Le Rabbi Maharach enseignait :
לכתחילה אריבער
Lekhathila Ariber
Il expliquait :
« Le monde dit : lorsqu'on ne peut pas passer en dessous d'un obstacle, on passe au-dessus. Et moi je dis : dès le départ, il faut passer au-dessus. »
Cette formule devint l'un des enseignements les plus célèbres de ‘Habad.
Il ne s'agit pas simplement d'être audacieux.
Le Rabbi Maharach enseigne qu'il existe des situations dans lesquelles accepter d'abord les limites imposées par l'obstacle est déjà une erreur.
Lorsqu'une mission doit être accomplie, il faut parfois cesser de demander :
« Comment vais-je contourner le problème ? »
et commencer par demander :
« Comment puis-je m'élever au-dessus de lui ? »
📖 Le récit marquant — Un médecin à Paris
Un épisode célèbre de la vie du Rabbi Maharach se déroula lors d'un voyage à Paris.
Le Rabbi souffrait de problèmes de santé et devait consulter des médecins.
Il se rendit chez un spécialiste réputé.
Le médecin l'examina et lui posa différentes questions concernant son état de santé.
Mais au cours de la consultation, le Rabbi comprit que le médecin juif qu'il avait devant lui s'était considérablement éloigné de la vie juive.
La rencontre prit alors une tout autre dimension.
Le Rabbi Maharach ne voyait plus seulement devant lui un médecin capable de soigner son corps.
Il voyait une néchama juive.
Il engagea avec lui une conversation qui dépassa largement le cadre médical et chercha à réveiller en lui son identité et son lien avec le judaïsme.
Ce type d'épisode illustre une caractéristique profonde du Rabbi Maharach :
où qu'il se trouve et quelles que soient les circonstances, il ne perd jamais de vue la personne qui se tient devant lui.
Même lorsqu'il voyage pour sa propre santé, il peut transformer une rencontre apparemment ordinaire en mission spirituelle.
Un homme d'une grande culture
Le Rabbi Maharach possédait également des connaissances très étendues dans plusieurs domaines.
Il maîtrisait différentes langues et s'intéressait notamment à la médecine.
Il possédait également des talents manuels remarquables.
Des témoignages rapportent qu'il pratiquait la menuiserie et réalisait lui-même certains objets avec une grande précision.
Cette ouverture ne s'opposait nullement à son immersion dans la Torah.
Elle faisait partie d'une personnalité dans laquelle une profonde spiritualité coexistait avec une connaissance très concrète du monde.
📚 Son enseignement
Le Rabbi Maharach prononça de nombreux Maamarim de ‘Hassidout.
Une grande partie de ses enseignements fut ensuite publiée dans la collection :
Torat Chmouel — תורת שמואל
Ses Maamarim développent les grands thèmes de la pensée ‘Habad :
la relation entre Hachem et la Création,
la néchama,
la Torah et les Mitsvot,
les différents niveaux de connaissance d'Hachem,
et la manière dont l'homme peut révéler le divin au sein même du monde matériel.
Une influence qui traversera les générations
Le Rabbi Maharach était le père de :
Rabbi Chalom Dovber Schneersohn — le Rabbi Rachab,
qui deviendra le cinquième Rabbi de ‘Habad.
Son petit-fils sera Rabbi Yossef Its'hak Schneersohn, le Rabbi précédent de Loubavitch.
Et l'arrière-petit-fils de son frère sera Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson, le septième Rabbi de Loubavitch.
Mais parmi tout ce qu'il transmit, deux mots resteront particulièrement attachés à son nom :
לכתחילה אריבער
Ne pas attendre que l'obstacle nous oblige à chercher comment le dépasser.
Commencer au-dessus de l'obstacle.
Sa Hiloula
Le Rabbi Maharach quitta ce monde à Loubavitch le :
13 Tichri 5643 — 1882
Il n'avait que 48 ans.
Il fut enterré à Loubavitch, près de son père, le Tséma'h Tsédek.
Son fils, le Rabbi Rachab, poursuivra quelques années plus tard la dynastie de ‘Habad-Loubavitch.
זכותו יגן עלינו ועל כל ישראל אמן
Que son mérite nous protège, ainsi que tout le peuple d'Israël.

