19 Tichri — Hiloula du Yéhoudi Hakadoch de Peschischa
Rabbi Yaakov Its’hak Rabinowitz
Le Yéhoudi Hakadoch — « le Saint Juif »
1766–1813
Qui était le Yéhoudi Hakadoch ?
Rabbi Yaakov Its’hak Rabinowitz, connu sous le nom extraordinaire de :
היהודי הקדוש — HaYéhoudi HaKadoch
« le Saint Juif »
fut l'une des grandes figures du hassidisme polonais et le maître à l'origine de l'école de Peschischa — Przysucha.
Il naquit en Pologne dans une famille rabbinique.
Très jeune, il se distingua par ses capacités exceptionnelles dans l'étude de la Torah.
Mais sa recherche ne se limitait pas à l'érudition.
Il voulait comprendre ce que signifiait réellement :
servir Hachem avec vérité.
Cette recherche allait donner naissance à une voie hassidique profondément originale.
Pourquoi l'appelait-on « le Yéhoudi Hakadoch » ?
Son véritable nom était Yaakov Its’hak.
Or son maître, le célèbre ‘Hozé de Lublin — le Voyant de Lublin, portait lui aussi le nom de Yaakov Its’hak.
Afin de ne pas appeler l'élève par le même nom que son maître, on commença à le désigner simplement comme :
« le Yéhoudi » — le Juif.
Avec le temps, en raison de la sainteté qui lui était reconnue, on ajouta :
הקדוש — Hakadoch
et il entra dans l'histoire sous le nom de :
היהודי הקדוש
Le Yéhoudi Hakadoch.
Le disciple du ‘Hozé de Lublin
Le Yéhoudi Hakadoch fut l'un des principaux disciples de :
Rabbi Yaakov Its’hak Horowitz,
le ‘Hozé de Lublin.
Le ‘Hozé était l'une des figures centrales du hassidisme polonais.
Autour de lui se réunissaient des hommes qui deviendraient eux-mêmes de grands maîtres.
Le Yéhoudi Hakadoch occupa progressivement une place particulière parmi ses disciples.
Il enseignait notamment aux jeunes ‘Hassidim et exerça sur eux une influence considérable.
Mais une nouvelle manière de concevoir la ‘Hassidout commençait à apparaître autour de lui.
Peschischa : rechercher la vérité
Le Yéhoudi Hakadoch finit par établir son propre cercle à Peschischa.
La voie de Peschischa mettait l'accent sur une exigence particulièrement forte :
אמת — Emet
La vérité.
Pas seulement dire la vérité aux autres.
Mais être vrai avec soi-même.
Pourquoi est-ce que je prie ?
Pourquoi est-ce que j'étudie ?
Pourquoi est-ce que j'accomplis cette Mitsva ?
Parce que tout le monde le fait ?
Parce que je veux être considéré comme quelqu'un de pieux ?
Parce que j'ai pris l'habitude de le faire ?
Ou parce que je cherche réellement Hachem ?
Pour les maîtres de Peschischa, une vie religieuse pouvait extérieurement sembler parfaite tout en devenant intérieurement mécanique.
Le travail de l'homme consistait donc à rechercher constamment l'authenticité de son service d'Hachem.
Une ‘Hassidout exigeante
La voie du Yéhoudi Hakadoch ne cherchait pas à impressionner.
Elle se méfiait au contraire des manifestations extérieures de piété lorsqu'elles ne correspondaient pas à un véritable travail intérieur.
L'homme devait apprendre à penser.
À s'interroger.
À reconnaître ses motivations.
À ne pas simplement reproduire ce que faisaient les autres.
Cette approche allait profondément marquer le hassidisme polonais.
📖 Le récit marquant — Commencer aujourd'hui
On rapporte au nom du Yéhoudi Hakadoch une idée qui résume admirablement sa manière de servir Hachem.
Chaque jour, l'homme doit considérer sa Avodat Hachem comme si :
il commençait aujourd'hui pour la première fois.
Ce qu'il a accompli hier ne doit pas devenir une raison de se satisfaire de lui-même.
Et ce qu'il a raté hier ne doit pas devenir une raison de désespérer.
Hier appartient à hier.
Aujourd'hui pose une nouvelle question :
Que vais-je faire maintenant ?
Cette manière de penser empêche deux grands dangers.
Le premier est l'orgueil :
« J'ai déjà beaucoup accompli. »
Le second est le découragement :
« J'ai déjà tellement échoué. »
Dans les deux cas, l'homme reste prisonnier de son passé.
La voie de Peschischa lui demande au contraire :
Commence maintenant.
Son élève : Rabbi Sim’ha Bounim de Peschischa
Parmi les disciples du Yéhoudi Hakadoch se trouvait un homme qui allait devenir l'une des grandes figures du hassidisme polonais :
Rabbi Sim’ha Bounim de Peschischa.
Après la disparition du Yéhoudi Hakadoch, Rabbi Sim’ha Bounim poursuivit et développa la voie de Peschischa.
À son tour, il forma une génération extraordinaire de maîtres.
Parmi ceux qui furent profondément influencés par cette école se trouvait notamment :
Rabbi Mena'hem Mendel de Kotzk,
le célèbre Rabbi de Kotzk.
On comprend alors l'importance historique du Yéhoudi Hakadoch.
Une partie de cette recherche radicale de Emet — vérité, qui deviendra si caractéristique du Kotzk, plonge ses racines dans l'école fondée à Peschischa.
Une autre conception du Tsadik
La voie de Peschischa développa également une relation particulière au Tsadik.
Le but n'était pas que le ‘Hassid se contente d'admirer son maître.
Le maître devait pousser son élève à travailler sur lui-même.
À réfléchir.
À grandir.
À rechercher personnellement Hachem.
Le Tsadik ne devait pas remplacer le travail spirituel de l'homme.
Il devait l'éveiller.
Peu d'écrits, une immense influence
Contrairement à d'autres grands maîtres du hassidisme, le Yéhoudi Hakadoch ne nous a pas laissé une œuvre écrite monumentale.
Ses enseignements furent principalement transmis par ses disciples et rapportés dans la littérature hassidique.
Pourtant, son influence fut immense.
Car il ne transmit pas seulement des enseignements.
Il créa une école de pensée.
Peschischa donnera naissance à plusieurs des courants les plus importants du hassidisme polonais du XIXᵉ siècle.
Sa Hiloula
Le Yéhoudi Hakadoch quitta ce monde en 1813.
Sa Hiloula est traditionnellement commémorée le :
19 Tichri
pendant ‘Hol Hamoed Souccot.
Il repose à Przysucha — Peschischa, en Pologne.
Son nom demeure associé à l'une des exigences les plus puissantes de la ‘Hassidout :
אמת
Ne pas seulement paraître vrai. Être vrai.
זכותו יגן עלינו ועל כל ישראל אמן
Que son mérite nous protège, ainsi que tout le peuple d'Israël.

