Berechit et Anokhi : les deux temps qui expliquent l'indestructibilité d'Israël

Pourquoi la Torah commence-t-elle par Berechit, le récit de la Création, plutôt que par la première mitsva collective d'Israël ? Cette question de Rachi, en apparence technique, ouvre sur l'un des trois principes fondamentaux distinguant une pensée de Torah d'une pensée hérétique : croire que le monde a été créé, et non éternel. Ce cours explore pourquoi cette croyance est si déterminante — sans création, plus de liberté véritable, l'homme n'étant alors que le produit d'une matière sophistiquée ; avec elle, responsabilité et sens deviennent possibles, l'intelligence elle-même n'existant, selon la Kabbale, que par la rencontre entre l'infini et la finitude. Ce cours dévoile ensuite une distinction essentielle entre deux temporalités : le temps universel de Berechit, tourné vers le passé et les causalités historiques — celui des grands empires, voués à s'effondrer comme des châteaux de cartes — et le «anokhi », ce temps propre au peuple juif, tourné vers l'avenir et l'espérance messianique, qui explique son indestructibilité unique à travers l'Histoire. S'appuyant sur le Midrach de Ya'akov tentant de révéler la fin des temps à ses enfants, ce cours conclut sur une image saisissante, celle du chevalier invisible qui dirige en réalité le cheval de la grande Histoire : le rôle du Juif est précisément de révéler, derrière l'agitation politique et économique du monde, la volonté divine qui, en coulisses, mène véritablement la danse.
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