Pourquoi le Machia'h s'appelle aussi "Tsémah"
Ce cours creuse la distinction entre "tsmi'ha", cette croissance naturelle qui émane spontanément de la terre comme une plante qui pousse d'elle-même, et "binyan", la construction qui exige au contraire une intervention humaine active, deux notions retrouvées jusque dans la prière elle-même, où Hachem est décrit à la fois comme "boné Yerouchalayim" (celui qui construit Jérusalem) et "matsmia'h kérén yéchoua" (celui qui fait pousser la corne du salut), révélant que Hachem agit Lui-même selon ces deux logiques complémentaires, surveillance et direction d'un côté, développement naturel laissé libre de l'autre. Le cours applique cette dualité au 'hinoukh, l'éducation, où l'équilibre entre le binyan apporté par les parents et la tsmi'ha, cette part laissée à l'expression et à la croissance propre de l'enfant, est présenté comme la condition même d'un développement harmonieux, l'excès de l'un ou de l'autre risquant de produire soit un "enfant sauvage", soit un véritable "robot humain". Le cours relie enfin cette dualité à des concepts plus larges de la pensée juive, notamment le nom "Tsémah" donné au Machia'h, littéralement ce qui sort de terre, ainsi qu'aux termes "yessod" (fondement) et "chorech" (racine) employés dès l'introduction du Messilat Yécharim du Ramh'al, faisant de tsmi'ha et binyan deux piliers fondamentaux et récurrents de la pensée spirituelle juive.
