Crainte et Émouna : les deux pieds sur lesquels marche Roch Hachana
Ce cours interroge un contraste frappant : là où les livres de Moussar, comme Rav Israël Salanter dès Roch Hodech Eloul, décrivent une véritable terreur face au Din, le Rambam n'évoque jamais cette peur, allant jusqu'à qualifier d'"enfant" quiconque n'entretiendrait avec le jugement qu'une relation de crainte pure. Le cours propose une lecture plus profonde : ce qui doit véritablement générer un sentiment fort n'est pas la peur du châtiment, mais la prise de conscience elle-même qu'un Être décide activement, à chaque instant, de la direction de notre existence, une réalité qui devrait susciter un véritable intérêt, faute de quoi on vit "comme un autiste", ignorant simplement dans quel monde on se trouve. Le cours développe le concept du daat comme lien véritable, et non simple intelligence, avant d'expliquer pourquoi le jour de Roch Hachana reste un Yom Tov où l'on mange et l'on boit malgré le jugement, une réponse du Rav de Brisk soulignant que seul celui animé par le souci de la gloire d'Hachem peut vivre ce jour sereinement. S'appuyant sur la Guemara d'Avoda Zara, "erté véachouv" (je fauterai puis je ferai téchouva), le cours révèle pourquoi cette attitude ferme définitivement la porte de la téchouva : elle traduit l'illusion de maîtriser des effets qui, en réalité, nous dépassent totalement.
Le cours conclut que la véritable dynamique de Roch Hachana repose sur deux piliers indissociables, la yira (la crainte) et l'émouna (la foi), et que réduire le jugement à la seule menace, sans l'espoir de reconstruction qu'il ouvre, relèverait d'une lecture radicalement étrangère à l'esprit véritable de la Torah.
