Bo - Pourquoi le Racha pose-t-il la même question que le Hakham ?
Pourquoi la Torah insiste-t-elle tant sur la mitsva de raconter la sortie d'Égypte à ses enfants, jusqu'à préparer d'avance leur question — « Ma zot avoda », que signifie ce service ? Ce cours dévoile le paradoxe étonnant de la Haggada : trois des quatre fils, le sage, l'impie et le simple, posent en réalité la même question. Alors pourquoi l'un d'eux est-il qualifié de racha ? S'appuyant sur Rav Dessler, ce cours distingue trois façons fondamentalement différentes de questionner : celle qui cherche à contredire pour se justifier, celle qui cherche sincèrement à comprendre, et celle, la plus précieuse, qui pousse à se remettre soi-même en question — illustrée par les questions restées sans réponse de Rabbi Akiva Eiger, étudiées non pour leur solution mais pour la profondeur qu'elles révèlent. Ce cours dévoile la nuance décisive entre le sage, qui ajoute le mot « demain » en attendant une vraie réponse, et l'impie, dont la question ne vise qu'à remettre en cause sans jamais chercher à comprendre. Une histoire bouleversante du Rav 'Haïm Soloveitchik l'illustre : face à un ancien élève éloigné de la tradition venu lui poser des questions, le Rav refuse de répondre — non par dédain, mais parce que ces questions, nées après son abandon du judaïsme, ne cherchent plus la vérité, mais une justification. Une leçon essentielle sur le sens véritable de « Na'assé Vénichma » : accepter d'abord la Torah par confiance, pour ensuite, sincèrement, chercher à la comprendre.
