Chémot - grandir physiquement, grandir spirituellement

La Torah mentionne deux fois que Moché « grandit » — une répétition qui n'a rien d'anodin. La première fois, précise Rachi, désigne sa croissance physique, de l'enfance à l'adolescence. La seconde, lorsqu'il découvre la souffrance de ses frères, marque une croissance d'un tout autre ordre : spirituelle. Ce cours explore ce que révèle cette distinction sur la véritable définition de la grandeur : être capable de sortir de soi-même pour ressentir la douleur d'autrui — un défi immense, tant l'homme, par nature, reste profondément égoïste. Ce cours dévoile la solution proposée par Rabbi Shimon Chkop : puisqu'il est presque impossible de véritablement sortir de soi, la vraie voie consiste à agrandir son « moi » — inclure en lui, progressivement, sa femme, ses enfants, son entourage, ses élèves, jusqu'à ce que le bien-être d'autrui devienne littéralement le sien. Une idée qui trouve un écho symbolique dans les mains fermées du nouveau-né, contrastant avec les mains ouvertes de celui qu'on enterre — signe d'un moi qui, tout au long d'une vie, doit s'élargir. Ce cours illustre cette leçon par une histoire touchante du Rav Hutner, refusant froidement de féliciter au téléphone un élève venant d'avoir un enfant, simplement parce qu'il se trouvait à cet instant avec un autre élève incapable d'en avoir — révélant qu'être véritablement grand, ce n'est pas seulement maîtriser la Torah, mais savoir porter, sans jamais l'exposer, la souffrance silencieuse de l'autre.
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