Pourquoi enseigner les lois de l'esclave dès la sortie d'Égypte ?
Pourquoi Moché enseigne-t-il aux Bné Israël, dès leur sortie d'Égypte, les lois relatives à la libération des esclaves — des lois qui ne s'appliqueront pourtant qu'une fois arrivés en Terre d'Israël, des décennies plus tard ? Ce cours dévoile la réponse à travers un principe éclairant tiré du Talmud sur le jeûne : la coutume de donner la tsédaka juste avant de rompre son jeûne, précisément au moment où la faim se fait le plus sentir — car ce n'est qu'en ressentant soi-même le besoin qu'on devient réellement capable de comprendre le besoin d'autrui. Ce cours applique ce principe à la sortie d'Égypte : c'est précisément parce que le peuple juif venait lui-même de vivre l'esclavage qu'il pouvait pleinement saisir la portée des lois obligeant à libérer un esclave après six ans, ou au plus tard au Yovel. Une histoire touchante du Bet HaLévi illustre cette leçon : refusant l'invitation d'un riche homme à entrer se réchauffer, le Rav insiste pour discuter avec lui dehors, dans le froid glacial — la seule façon, selon lui, de lui faire ressentir véritablement la détresse des habitants qu'il pourrait aider. Une leçon essentielle sur l'empathie : on ne comprend vraiment le besoin de l'autre qu'en se mettant, ne serait-ce qu'un instant, à sa place.
