Vayechev - Réouven et Hanouka : sauver l'âme plutôt que le corps
Un Midrach étonnant relie Réouven, celui qui rapporta des fleurs à sa mère Léa, aux lumières de Hanouka — un parallèle qui semble, à première vue, énigmatique. Ce cours en dévoile le sens à travers l'épisode de la vente de Yossef : alors que Réouven et Yehouda proposent tous deux une alternative au meurtre, seul Réouven reçoit le crédit d'avoir « sauvé » son frère, en suggérant de le jeter dans une fosse infestée de scorpions plutôt que de le vendre en Égypte. Un choix qui semble pourtant tout aussi dangereux — jusqu'à ce que ce cours révèle l'enjeu véritable : envoyer Yossef, jeune homme d'une beauté et d'une intelligence exceptionnelles, dans l'Égypte impure, c'était risquer non pas sa vie physique, mais sa vie spirituelle, son identité même de Juif. Réouven, en préférant une mort éventuelle à une possible assimilation, choisit de préserver l'âme de son frère plutôt que son corps — un choix qui coûtera d'ailleurs à Yehouda sa royauté. Ce cours établit alors le pont avec Hanouka : contrairement à Haman ou Hitler, les Grecs, comme le révèlent les treize brèches percées dans le Sorég du Bet HaMikdach, ne cherchaient pas à détruire physiquement les Juifs, mais à les assimiler à l'hellénisme. Une même bataille, à travers les siècles, pour préserver une identité — symbolisée par la rose du Ma'oz Tsour, qui ne cesse de fleurir, malgré tout, au milieu des épines.
