La téchouva est-elle une mitsva ? Le débat du Séfer HaHinoukh et du Rambam
Ce cours ouvre l'étude des Hilkhot Techouva du Rambam en abordant une question fondamentale, débattue entre grands décisionnaires : peut-on véritablement ordonner à quelqu'un de faire téchouva ? Pour le Séfer HaHinoukh, la téchouva relève avant tout d'un sentiment intérieur, un désir de rapprochement qui ne peut par nature faire l'objet d'une mitsva imposée, la faute elle-même éloignant progressivement la personne d'Hachem, selon le principe talmudique "s'har mitsva mitsva, s'har avéra avéra" : de même qu'une mitsva accomplie ouvre naturellement la voie à une autre, une faute commise entraîne souvent, par elle-même, la faute suivante. Le Rambam, à l'inverse, considère que la Torah impose bel et bien une véritable mitsva positive de téchouva, qu'il situe précisément dans Parashat Nitsavim, lue traditionnellement juste avant Roch Hachana : "véchavta ad Hachem Elokékha", tu reviendras vers Hachem, un retour qui s'opère soit volontairement, soit sous la contrainte imposée par Hachem Lui-même. Le cours se referme sur une question laissée en suspens pour le lendemain : pourquoi le Rambam emploie-t-il le conditionnel "im" (si), alors qu'il s'adresse en réalité à une personne ayant déjà, par définition, commis une faute ?
